L’histoire du 798 Montée du Village


Mes parents sont devenus propriétaires d’un verger d’environ 1500 pommiers
à St-Joseph- du-Lac à l’été 1991.

Venant de l’Abitibi, c’était leur premier vrai contact avec la culture fruitière et agricole des Basses-Laurentides et ils ont travaillé très fort pour pouvoir prendre soin, revitaliser et rentabiliser le verger, en plus d’élever leurs trois enfants et de travailler à l’extérieur en même temps.
Le verger a été ouvert au public lors des premières années et, dans le but d’offrir quelques produits à la clientèle, ma mère s’est mise à faire des tartes. Mon père a transformé l’ancien garage à tracteurs et équipements de ferme en tarterie. Elle y travaille d’ailleurs toujours et son entreprise, le Verger La Pommance, vend ses tartes en divers endroits de Montréal et de sa couronne nord.
Le verger, qui était de plus en plus difficile à rentabiliser, a été coupé il y a quelques années. Nous avons cependant conservé une centaine de pommiers pour le plaisir. Nous pressons chaque automne en famille notre jus de pommes que nous qualifions honnêtement de "meilleur au monde".

Il y a deux ans, ma sœur Clémence Rivard-Hiller et sa partenaire Evelyne Guindon ont démarré la ferme florale Origine et repris une partie de l’ancien verger. Les dernières souches ont été arrachées, et la terre labourée pour la première fois depuis plus de cinquante ans. Du jour au lendemain, nous avons découvert que nous étions riches en roches. La terre est effectivement rocailleuse, mais très fertile. Les fleurs poussent bien et embellissent le paysage jusqu’à la toute fin de l’automne. Je vous invite à aller voir ce merveilleux projet sur www.originefleurs.ca

L’idée d’exploiter l’érablière sur la terre était depuis longtemps dans les cahiers d’idées familiaux

J’ai quitté mon travail en pâtisserie à la cabane à sucre au Pied de Cochon en novembre 2016 dans le but de démarrer mon entreprise, sans trop savoir quoi, où et comment. L’idée d’exploiter l’érablière sur la terre était depuis longtemps dans les cahiers d’idées familiaux, et c’est donc avec eux que j’entreprends ce projet. Mon père a pris en charge la construction d’une petite cabane pour recevoir l’eau d’érable et bouillir et compte finir les travaux au cours de l’année 2018.

Bouillir notre sirop me permettra de poursuivre l’exploitation de notre terre familiale et, en tant que pâtissière, d’avoir la chance de produire mon propre sucre et de l’utiliser à 100% dans mes produits.
J’ai installé mon atelier dans la tarterie de ma mère, et des travaux d’aménagement nous permettront bientôt d’accueillir les clients sur place. Nous avons même planté et greffé une cinquantaine de pommiers, de pruniers et de poiriers.

Qui sait? La roue avance, toujours, mais elle tourne quand même sur elle-même.

La cabane est à 300 pieds de la route, sur un cap de roc à l’entrée de l’érablière. Il a fallu deux mois de travail et l’aide de professionnels afin de casser le roc et d’aplanir le site. Nous avons décidé d’incorporer le roc à la construction de la cabane. Le roc est donc apparent à l’intérieur de la cabane sur toute la longueur d’un mur et des blocs de roc soutiennent les poutres porteuses.
Les trois lignes de tubulures qui récoltent l’eau d’érable dans l’érablière aboutissent dans des bassins situés derrière la cabane. L’eau est ensuite dirigée vers l’osmose où elle sera séparée puis acheminée au deuxième étage de la cabane. Le concentré descend alors jusqu’à l’évaporateur, alimenté au bois. Le sirop produit est conditionné en baril et descendu à l’atelier de production juste en bas de l’érablière. Au cours de l’année 2018, une terrasse sera aménagée devant la cabane pour offrir aux visiteurs l’occasion de s’asseoir, de profiter de l’érablière et de manger quelques desserts!